Féminicides : on leur dit quand, la vérité ?

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Mercredi, c’était Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Pourquoi pas ? L’intention est bonne, mais la journée… ratée.

Comme les autres années, des associations féministes ont bravé le confinement pour descendre dans la rue et dénoncer « les regards sexistes », « les gestes déplacés », « les viols », « bien plus souvent le fait d’un époux, d’un père ou d’un ami ». Pour Le Monde, c’est dans son foyer que la femme est le plus sûrement exposée au danger : « Chaque année en France, quelque 220.000 femmes subissent des violences conjugales et 93.000 sont victimes de viol ou de tentative de viol. »

Emmanuel Macron est bien au fait des choses ; il s’est fendu d’une vidéo sur les réseaux sociaux « à toutes celles qui ont encore peur de quitter leur foyer, je veux qu’elles sachent qu’elles ne se retrouveront pas seules ». Présence de Marlène Schiappa oblige, le gouvernement a renforcé les dispositifs d’alerte pour les femmes en détresse dont le nombre a augmenté pendant le confinement.

Dans l’hémicycle quasi vide du Parlement européen, Manon Aubry, poignante, a longuement égrené les noms des 86 femmes qui, depuis janvier, sont mortes « sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints : Raymonde, 84 ans, Anne-Sophie, 48 ans, Laetitia 31 ans… ». Liste macabre mais le compte n’y est pas. Poussons les murs du foyer et parcourons la presse ; rien que pour ces derniers jours :

– Nadine, 60 ans, et Simone, 44 ans, assassinées sauvagement dans une église de Nice, en octobre ;

– Victorine, 18 ans, assassinée à Villefontaine, en Isère, le 28 septembre ;

– plusieurs femmes agressées à Villeurbanne entre le 21 octobre et le 2 novembre par un jeune de 18 ans en situation irrégulière ;

– deux femmes violentées en août, à Poitiers, par des migrants afghans disposant depuis peu du « statut de réfugié » ;

– quatre lycéennes agressées au couteau par un mineur afghan à Martigues ;

– une quinquagénaire agressée en pleine rue par un Roumain à l’Etang-la Ville (mois d’août) ;

– une femme de 92 ans agressée et volée à Levallois-Perret (le 26 novembre) ;

– il y a quelques jours, à Rennes, une femme de 78 ans, percutée lors d’un rodéo urbain, laissée pour morte ;

– le même mois, à Nantes, une conductrice de tram braquée avec un pistolet pour avoir rappelé le port du masque à des passagers indélicats ;

– à Besançon, une jeune musulmane tondue et battue par sa famille parce qu’elle fréquentait un chrétien ;

– dans le Val-de-Marne, une maîtresse d’école mordue et frappée par un très jeune élève… Il s’appelait Jihad.

Et puisque mercredi, c’était aussi la date d’une triste commémoration, citons Anne-Lorraine Schmitt, assassinée, il y a 13 ans, dans le RER. Elle avait 23 ans. Cette militante journée de lutte contre les violences faites aux femmes aurait pu être un peu la sienne, non ? Pourquoi juste ne pas avoir évoqué son assassinat ? L’ensauvagement, la montée de la délinquance, c’est si difficile à exprimer ? Et puis, il y a cette tache, indélébile, qui risquerait de remonter à la surface : le général Schmitt, son père, épinglé sur le mur des cons…

Souvenons-nous, aussi, de Nathalie Jardin, 31 ans, morte dans la tuerie du Bataclan. Sa mémoire mérite d’être rappelée, ne serait-ce parce que son père, dans son infatigable combat, désigne, lui, les vraies causes de son assassinat…

Parce que le sexisme a bon dos. Qu’il n’est pas « à coup sûr » le responsable du malheur des femmes. Mais pour le penser et pour le dire, il faut du courage, beaucoup même. Il faut accepter de quitter le carcan idéologique de l’angélisme pour pouvoir regarder la réalité bien en face : le laxisme judiciaire, l’aveuglement de nos dirigeants, le sans-frontiérisme, l’ensauvagement de la société, le terrorisme islamiste, le mépris affiché d’une certaine religion à l’égard des femmes sont les premiers responsables des agressions, des viols, des meurtres des femmes, et rien n’est fait pour mettre un terme à cela.

Les pudeurs et mensonges par omission des Marlène Schiappa, Manon Aubry, Caroline De Haas, Alice Coffin et autres Chiennes de garde ne servent à rien, si ce n’est à desservir la cause des femmes. On leur dit quand, la vérité ?

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