Selon le journaleux du Monde Birnbaum, Bat Ye’or serait l’égérie des nouveaux Croisés !

Jean Birnbaum, dans un article du Monde des Livres intitulé Bat Ye’or, l’égérie des nouveaux croisés, titre auquel il a cru bon de spécifier dans sa chronique sur France culture que ces nouveaux croisés sont anti-islam, puis au détour d’une autre phrase qu’ils sont islamophobes.

Le ton est donné.

Birnbaum n’a pas d’actualité littéraire à mettre en avant concernant Bat Ye’or, mais ce qu’il appelle «un curieux télescopage entre événement littéraire et actualité terroriste. Quelques heures avant l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, l’hebdomadaire Valeurs actuelles annonçait sa “une” du lendemain, sous forme d’une question: “Islam: et si Houellebecq avait raison? Cette couverture saluait la sortie de Soumission, roman publié le même jour chez Flammarion, dans lequel l’écrivain dépeint une France sous domination musulmane. Or, à la page 157, l’un des personnages de Houellebecq conclut: “Dans un sens la vieille Bat Ye’or n’a pas tort, avec son fantasme de complot Eurabia.” A partir de là, une partie de la presse de droite et toute une blogosphère identitaire allait s’interroger: si Houellebecq avait raison, serait-ce que Bat Ye’or n’a pas tort?»

Il rappelle que Bat Ye’or, de son vrai nom, Gisèle Orebi, britannique née au Caire en 1933, a travaillé sur le statut de dhimmi avant de signer ce qu’il appelle un pamphlet, Eurabia dans lequel, d’après Birnbaum, «elle accuse les élites européennes contemporaines de renoncer à leurs racines judéo-chrétiennes et de livrer leurs peuples à une nouvelle “dhimmitude”»

Une telle phrase m’a tout de suite ramené aux Heures sombres, le film de Joe Wright sur Churchill. Celui-ci, lors de son arrivée au pouvoir en mai 1940, refuse le discours des élites britanniques représentées par Lord Halifax, il refuse de livrer le peuple britannique à la dhimmitude nazie. Aussitôt les critiques du Monde et de Télérama y ont vu du patriotisme, pire, du nationalisme et se sont empressés de plomber le film (que je vous conseille).

Birbaum n’est pas un employé du Monde pour rien.

Il raconte comment Bat Ye’or, des émeutes du Caire en 1945 à la crise de Suez de 1956 en passant par la création de l’Etat d’Israël en 1948, a vu son univers s’effondrer. Elle raconte les pillages des commerces et des maisons juives, les filles violées, les synagogues et les écoles juives incendiées : « J’assistais à un phénomène extraordinaire : l’effacement d’une communauté présente en Egypte depuis près de trois mille ans.»

Si le livre qu’elle tire de son étude du destin des juifs et des chrétiens, Le Dhimmi, paru en 1980 est d’abord salué comme un ouvrage de références sans équivalent (même dans Le Monde), Birnbaum tient à aussitôt le traiter par la bouche de Lucette Valensi, une référence sur l’islam (rien de moins) de «pamphlet exalté».

1980-2018. En presque quarante ans, on voit ce que sont devenues nos supposées élites, des islamo-collabos qui ne tolèrent aucune critique de l’islam.

Birnbaum écrit que les textes de Bat Ye’or «nourrissent essentiellement la prose de journalistes ou de militants qui font de la lutte contre “l’islamisation de l’Europe » leur combat affiché, au nom de l’identité française, de l’Occident chrétien ou d’Israël.»

Ce combat est-il honteux M. Birnbaum ?

Puis le journaliste de pratiquer le “name dropping” à haute dose pour dénoncer les admirateur de Bat Ye’or. « Souvent comparée à la journaliste italienne Oriana Fallaci (1929-2006), Bat Ye’or se voit citée élogieusement par l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol. Son lexique est également repris par Eric Zemmour ou par Philippe de Villiers, lequel vitupère régulièrement des élites françaises “dhimmisées”. Référencée par des sites comme Riposte laïque, le Salon beige ou Dreuz. »

Sans oublier les catholiques traditionnalistes et l’Action française.

Toute la “fachosphère”, comme ils disent, est là.

Jean Birnbaum dit clairement qu’il voit dans la dénonciation de la menace musulmane, une obsession des milieux islamophobes et croisés.

Une photo d’une manifestation de Résistance républicaine illustre le propos.

« Une réception aussi orientée a fini par mettre en alerte. Et par semer le doute, y compris chez ceux qui l’ont éditée ». Comme d’habitude, pour Birnbaum et les collabobos, dire les choses, c’est faire le jeu de l’extrême droite.

« Pierre-André Taguieff (…) n’hésite plus à confier une certaine gêne à son égard: « elle s’est montrée insuffisamment méfiante à l’égard des usages qu’on peut faire de son travail, et il est regrettable que, en noircissant le tableau, elle ait pu sembler justifier les fantasmes complotistes » ».

L’avancée de l’islam conquérant en Occident est donc une fable complotiste pour Birnbaum et C°.

Boualem Sansal est également critiqué dans l’article puisqu’il ose affirmer que « ce que dit Bat Ye’or me semble sérieux et correspond à ce que je vis dans mon pays ».

« Comme Bat Ye’or, écrit Birnbaum, il affiche une conscience aux aguets, toujours à l’affût d’une servilité qui passerait moins par de grandes lois que par de minuscules malaises, effrois quotidiens et reculades intimes. »

Un autre fabulateur complotiste ?

L’article de Birnbaum est complété par un entretien du même Birnbaum avec Dominique Avon, un « spécialiste » de l’islam.

Pour lui, Bat Ye’or « verse dans un registre outrancier », elle ignore les vrais débats internes qui ont lieu dans le monde musulman où, pour Avon, des savants musulmans œuvrent à intégrer l’islam à la modernité, réfléchissent sur la loi islamique pour fixer une relation de tolérance fondée sur la protection-domination.

Autrement dit, instaurer un statut soft de dhimmi.

Quant à la fatwa des oulémas marocains de 2012 réaffirmant que les apostats doivent être punis de mort, elle aurait été partiellement abolie par le fait que certains de ces oulémas auraient précisé en 2017, que la peine capitale concernant les apostats ne peut être appliquée dans le monde contemporain.

Avon voit là un frémissement libéral dans le monde musulman même si bien sûr le blasphème et l’apostasie sont toujours punis de mort en Arabie Saoudite, au Koweït, en Iran, en Afghanistan, au Pakistan, à Brunei et bientôt en Mauritanie.

Que tirer de la diarrhée verbale de Birnbaum ? (deux pleines pages).

Qu’il faut lire et relire Bat Ye’or.

Et que nous sommes fiers d’être parmi ceux qui combattent l’islamisation de l’Europe.

Marcus Graven (Riposte Laïque)




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