Le cours d’un professeur contesté : « La charia, c’est mieux que la loi française »

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Boulevard Voltaire

Une élève de CAP du lycée Pierre-Aragon, à Muret (Haute-Garonne), a été mise en examen, ce mardi, par un juge des enfants après avoir insulté et menacé un professeur d’éducation civique qui avait abordé le sujet du port du voile en France, lors d’un cours d’éducation civique et morale, au lycée Pierre-Aragon de Muret, au sud de Toulouse. Six autres lycéens ont également été placés en garde à vue dans le cadre de cette même affaire.

« La charia, c’est mieux que la loi française »

Le 9 octobre, dans le cadre de son programme scolaire, cette enseignante avait donné un cours sur l’égalité des rapports entre l’homme et la femme. « Elle a évoqué le principe de laïcité et la limitation du port du voile dans l’espace public. » Lorsque le professeur a expliqué que « l’on avait plus de droits en France qu’en Arabie saoudite, deux élèves ont contesté cela et ont assuré que la charia, c’était mieux que la loi française… », confie une source proche du dossier, citée par la Dépêche du Midi« Le dialogue a dérivé sur le port du voile en France », raconte une porte-parole de l’académie de Toulouse.

Des insultes et des menaces

Mais le débat a débordé du cours. D’autres lycéens de l’établissement ont appris que la question concernant le port du voile avait été abordée dans cette classé et la nouvelle a échauffé les esprits de certains. « Une des filles, qui n’avait pas assisté à ce cours, s’est énervée » et est allée insulter l’enseignante. Des propos si menaçants que cette enseignante a décidé de déposer plainte à la gendarmerie de Muret.

Sept personnes en garde à vue

Les investigations menées par les enquêteurs de la brigade de recherches (BR) de la compagnie de Muret, en collaboration avec ceux de la section de recherches (SR), se sont accélérées après l’attentat islamiste de Conflans-Sainte-Honorine ayant coûté la vie à Samuel Paty. Sept personnes, toutes mineures, ont été convoquées pour être placées en garde à vue lundi.

À l’issue des auditions, le parquet a décidé de présenter au juge des enfants la lycéenne de 16 ans. Elle a été mise en examen pour « outrage à personne dépositaire d’une mission de service public dans un établissement scolaire ».

« Ces faits ne sont pas rares »

« Ces faits ne sont malheureusement pas rares », regrette Cyril Lepoint, le secrétaire départemental de l’UNSA Éducation, qui rappelle que la minute de silence en mémoire des victimes de Charlie Hebdo n’a pas été respectée par tout le monde. « Nous rencontrons des problèmes avec les repas servis à la cantine. Autre exemple, les enseignants qui abordent la thématique du droit des femmes sont souvent menacés. »

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