Macron à discrétion

Boulevard Voltaire

Il l’a jouée discrète. « Dans un contexte social tendu, Emmanuel Macron a privilégié la discrétion », explique le Palais pour justifier l’absence de vœux du Président à Noël. Au fond, c’est gentil de nous laisser en paix plutôt que de nous la souhaiter.

Comme il est à parier que le contexte social n’aura pas évolué d’ici la semaine prochaine, doit-on s’attendre à une absence de vœux présidentiels, le 31 soir ? Pour le coup, ce serait une première depuis… Cela dit, c’est bien, la discrétion. Cela ne lui ressemble pas trop, mais c’est bien quand même. La discrétion est une qualité, même si, jadis, à l’école, on reprochait parfois aux élèves timides d’être trop discrets. Dans la France ancien style, on affublait parfois les prêtres du titre de courtoisie « vénérable et discrète personne », quand on ne les appelait pas « Messire ». Aujourd’hui, les dames aux cheveux violets qui « animent la messe » appellent leur curé par son prénom. Par exemple « père François ». Et père François ne porte plus des souliers à boucle mais des Mephisto™. C’est laid mais plus discret, justement. Et puis, il n’y a pas très longtemps encore, dans un pays qui se targuait de bonnes manières, être une « femme discrète » était plutôt bien vu. Aujourd’hui, moins. Mais on s’éloigne peut-être du sujet.

En tout cas, cette explication palatine sur la discrétion présidentielle en dit drôlement long. Comme un aveu. L’aveu que lorsqu’Il prend la parole, il y aurait comme un risque sismique. Le risque que le contexte, tout d’un coup, se tende, façon « Et voici qu’il remet cent balles dans le nourrain » ! N’avaient pas vu la chose comme ça, les communicants de l’Élysée, hein ! Oui, car il y a quelque chose de Johnny en Emmanuel Macron, genre « Allumer le feu ».

Maintenant, qui nous dit qu’au pied du sapin, voire devant la crèche, là-bas, à Brégançon, sous le ciel étoilé de Provence, aux sons des galoubets et tambourinaires, il ne nous a pas souhaité un « Joyeux Noël » in petto ? Discrètement, quoi.

Tout le contraire de ce qu’il nous a servi durant cette année 2019, notamment durant l’interminable grand débat national : sa parole à discrétion.

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