250 ans de Napoléon : l’oubli qui fait honte à la France

Publié le 17 août 2019 – par Charles Demassieux (RL)

« Le cœur d’un homme d’État doit être dans la tête », disait celui que la Ve République – devenue esclave des émotions cosmopolites et sans vraie tête, justement ! – s’ingénie à effacer de sa mémoire apatride.
Ainsi, Napoléon – que je n’aime pas particulièrement mais qui a tout de même imprimé durablement sa marque sur la France et le monde – ne fait plus recette ; lui dont le nom suffisait, jadis, à exciter les enthousiasmes des uns et des autres. Aujourd’hui, on préfère célébrer nos ennemis, comme le démontra Laurent Fabius – alors ministre des Affaires étrangères – en rendant hommage au général Giap, à la mort de ce dernier en octobre 2013. Giap, vainqueur de Diên Biên Phu – une défaite pour la France ! – et… admirateur de Napoléon, au passage.

Aussi, tandis que, le 15 août 2019, on fêtait le 250eanniversaire de la naissance de Napoléon, Emmanuel Macron le Petit a fait preuve, à cet égard, d’un silence infamant. Le service minimum a juste été assuré par le président du Sénat, Gérard Larcher, présent aux commémorations à Ajaccio, lieu de naissance de Napoléon.

Quelle ironie, cependant, quand on se targue d’être un Président lettré, d’étouffer la mémoire d’un homme dont l’ombre plane sur quelques-uns de nos plus grands chefs-d’œuvre littéraires. Citons : La Chartreuse de Parme  (Stendhal) ; Les Misérables (Victor Hugo), Le Colonel Chabert (Balzac) ; Mémoires d’outre-tombe (Chateaubriand). Sans parler des écrivains étrangers qui, de Léon Tolstoï à Arturo Pérez-Reverte, ont puisé dans cette intarissable source d’inspiration.

Napoléon, personnalité la plus représentée dans Paris – entre les noms de rues, avenues, boulevards, et les monuments – serait-il donc condamné à disparaître des radars mémoriels parce que, sans doute, pas assez branché diversité et LGBT ?!

RIEN : en 2004 (bicentenaire de son sacre) ; 2005 (bicentenaire d’une bataille citée en exemple dans toutes les académies militaires, à savoir Austerlitz). Par contre, en 2015, on a célébré comme il se doit Waterloo… une autre défaite française. Qui sait, un de ces jours on aura une place de la Wehrmacht à Paris !

Interrogé à l’époque par le site Atlantico, l’écrivain Dimitri Casali – qu’on ne saurait qualifier de « fachosphérique » eu égard à son parcours ! – déplorait ceci : « Le scandale des nouveaux programmes d’histoire montre bien qu’il existe des buts idéologiques : vouloir rayer l’histoire doublement millénaire de la France, ses racines, son héritage, lesquels passent par sa culture et son histoire. C’est peut-être un scoop que je vous livre, mais Napoléon est totalement supprimé des programmes du primaire, il disparaît en CM2. On voit bien qu’il y a une volonté d’éradiquer tous les grands personnages qui ont fait la gloire de notre pays, ces personnages un peu trop conquérants, l’histoire militaire étant totalement oubliée à l’avantage de l’histoire économique et sociale. Tout cela au nom d’une vision uniquement marxisante de l’histoire. Les tenants des nouveaux programmes, à l’instar de Nicolas Offenstadt ou de Laurence Decock, ont une vision marxiste de l’histoire de France, ils font de la politique, et non pas de l’histoire. Cela rejoint les hommes politiques qui ont laissé faire cette déconstruction nationale. »

https://www.atlantico.fr/decryptage/2199909/comment-la-france-en-est-arrivee-a-preferer-la-defaite-de-waterloo-a-la-celebration-de-la-victoire-de-napoleon-a-austerlitz-dimitri-casali

Et, comme pour signifier aux Français de quel côté doit pencher la mémoire historique, Macron le Minuscule, lors de la cérémonie du 75e anniversaire du débarquement de Provence, nous a balancé ceci : « Je lance aujourd’hui un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre, par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos cérémonies, la mémoire de ces hommes qui rendent fiers toute l’Afrique et disent de la France ce qu’elle est profondément : un engagement, un attachement à la liberté et à la grandeur, un esprit de résistance qui unit dans le courage. »

Excellente idée ! Débaptisions sur-le-champ – du déshonneur ! – l’avenue de La Grande Armée, le quai d’Austerlitz, les boulevards des Maréchaux, etc., à Paris, et offrons-nous des patronymes bien exotiques. Dans la foulée, je proposerais volontiers de faire à la tombe de l’Empereur – sous le dôme des Invalides – le même sort qu’à celles des rois de France à Saint-Denis, saccagées autrefois par des amoureux de la liberté qui embrochèrent à l’occasion des enfants et des femmes enceintes pendant les guerres de Vendée, une autre histoire qu’on glisse sous le tapis…
Le plus risible, dans cette entreprise d’extermination de l’identité française, c’est que le monde vient chez nous non pas pour contempler la diversité artificieuse, mais bel et bien notre culture pluriséculaire. Dans cette culture, Napoléon occupe une place gargantuesque, n’en déplaise à l’incurie idéologique des crétins progressistes !
« La vraie sagesse des nations est l’expérience », disait l’intéressé. Souvenons-nous donc qu’il ne saurait y avoir d’expérience sans mémoire.

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